OMAR SOSA / GUSTAVO OVALLES

 

Compositeur, arrangeur, producteur, pianiste, percussionniste, Omar Sosa crée une musique totalement originale. Selon l’inspiration, il mêle des éléments de musique traditionnelle provenant de la diaspora africaine ainsi que du jazz afro- cubain à la musique électronique. La clave de la musique cubaine croise des sons expérimentaux. 

Né en 1965 à Camaguey, ville située en plein centre de l’Ile de Cuba, il étudie dès l’âge de huit ans les percussions et le rythme à l’école locale de musique. Il est accueilli par l’excellente École nationale de Musique de la Havane pour y apprendre le piano avant de rejoindre le prestigieux Institut Supérieur d’Art. 

 

Avec le vénézuélien Gustavo Ovalles, formé au Conservatoire national de Caracas, il forme un duo latin jazz ultra moderne et plongé dans la tradition. Le percussionniste a parcouru les villages vénézuéliens pour apprendre une multitude de savoirs, rythmes traditionnels et sophistiqués. Gustavo Ovalles dispose sur scène d’un foisonnement de petites, moyennes et grandes percussions qui vont sans cesse propulser le concert dans une fête merveilleuse de timbres et pulsations : batterie, tumbadora, maracas, congas, quitipla, cumaco, culoe’puya, tambour de Parranda et divers membranophones qui vont se transformer en percussions à eau.

 

Omar Sosa, heureux de se confronter avec un compagnon de jeu qui dispose de tant de trésors, fait dialoguer le piano et les claviers électriques avec ce panel incroyable de grands et petits tambours. Le concert nous attire dans un tourbillon vertigineux. La magie des rituels de transe est convoquée dans l’urgence d’un désir irrépressible. 

Le duo peut se lancer tour à tour dans une musique jouée avec virtuosité et profondément marquée par des rythmes afro-cubains. Musique qui échappe à toute démonstration technique tant elle est interprétée avec générosité et chaleur communicative. 

Puis une séquence musicale s’invite par surprise toute en délicatesse et douceur. Elle est propice à l’utilisation de sons électroniques d’une profondeur méditative saisissante. L’auditeur est invité à écouter le silence sculpté. Le percussionniste produit des sons fragiles provenant de mondes primitifs. Les musiciens sont des guides qui font resentir les prémices d’une spiritualité secrète qui nous est inconnue.

 

Ce jeu, oscillant en permanence entre phases rythmiques et phases méditatives, nous attire dans une autre réalité : celle de la culture latino américaine profondément immémoriale et raffinée à la fois. Cette musique est un appel à vivre intensément.